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VousDevriezVoirÇa

Les 'musulmans normaux' : de la pratique modérée au besoin de se 'rattraper' en attaquant des 'ennemis d'allah'

16 Mars 2015 , Rédigé par Vousdevriezvoirça Publié dans #Définitions et fondamentaux, #Dualité

À chaque attentat, c'est pareil : les médias et les hommes politiques nous répètent qu'il ne faut pas faire d' "amalgames", que "ce n'est pas ça, l'islam", que l'islam serait "une religion de paix et de lumière". Les violences commises au cri d'"allah akbar" n'auraient rien à voir avec l'islam. On applaudit même "l'islam de tolérance".

Mais comme demande Michel Onfray : y a-t'il une différence de nature ou une différence de degré entre un musulman pacifique et un terroriste ? En tout cas, nos politiques et nos médias insistent lourdement : il faut absolument distinguer l'islam - de nos voisins, de nos amis, de nos collègues musulmans en somme de "nos compatriotes"-, et le terrorisme, un dévoiement du message de l'islam.

Il y au même une sourate qui condamnerait le meurtre. C'est dire si l'islam est une religion de paix (à moins que ce passage ne soit tronqué ?... )Il y au même une sourate qui condamnerait le meurtre. C'est dire si l'islam est une religion de paix (à moins que ce passage ne soit tronqué ?... )Il y au même une sourate qui condamnerait le meurtre. C'est dire si l'islam est une religion de paix (à moins que ce passage ne soit tronqué ?... )

Il y au même une sourate qui condamnerait le meurtre. C'est dire si l'islam est une religion de paix (à moins que ce passage ne soit tronqué ?... )

Force est de constater qu'il y a des musulmans qui ont sincèrement l'air de vouloir vivre en paix avec les non-musulmans, c'est vrai, et qui vivent leur religion sereinement. Les premiers à les défendre, à vouloir faire apparaître le ridicule d'une parano anti-musulmans se trouvent aussi bien à gauche qu'à droite. Et ils sont très à cheval sur les mots : ce sont des "français de confession musulmane" et non des "musulmans français". Certains musulmans eux-mêmes se définissent ainsi, et revendiquent le fait d'appartenir à la République Française, d'aimer la France et d'en respecter les lois. 

Récupération des marqueurs identitaires (l'armée, le drapeau) au profit d'un islam devenu soudainement ultra-nationaliste - Graffiti de l'artiste Combo.

Récupération des marqueurs identitaires (l'armée, le drapeau) au profit d'un islam devenu soudainement ultra-nationaliste - Graffiti de l'artiste Combo.

C'est un fait :

  • de nombreuses femmes ont l'intelligence de retirer leur voile lorsqu'elles arrivent sur leur lieu de travail pour le remettre en repartant chez elles,  
  • la majorité des musulmans ne veut pas changer les lois françaises a priori,
  • les descendants d'immigrés de culture musulmane sont de plus en plus nombreux à faire des études, à grimper socialement et à adopter les codes de la culture française : c'est la fameuse "beurgeoisie",
  • de plus en plus de descendants d'immigrés maghrébins n'ont plus qu'un lien affectif avec la religion de leur parents,
  • de plus en plus de français de longue date côtoient, rencontrent, se marient, travaillent, font la fête avec des descendants d'immigrés maghrébins, devenus français à part entière.​ Il suffit d'entendre leur accent dans certaines endroits.

​Les non-musulmans défenseurs des musulmans : la joie de la découverte

Avez-vous remarqué la virulence des pasionarias de la cause musulmane ? En plus de montrer qu'ils en font une affaire personnelle (voir l'article sur le trio bourreau/victime/sauveur), ils démontrent bien souvent par leur discours qu'ils sont en fait en pleine découverte - émerveillée - de l'islam et des musulmans. On peut même percevoir comme une sorte de reconnaissance envers les musulmans de bien vouloir les initier à leur religion et à leur coutumes.

De l'exotisme ?

Cette curiosité, ce goût pour l'exploration de la "culture de l'autre" envisagée comme un "apport de richesse" est une grande source d'excitation pour certains et confine parfois à l'exotisme le plus post-colonial, jamais très loin d'une condescendance bienveillante et paternaliste qui persiste encore aujourd'hui - comme dans cette chronique de M.Birenbaum sur les migrants morts en Méditerranée intitulée "Comme nos enfants"-. 

"Tout nouveau, tout beau"

Les non-musulmans défenseurs de l'islam parlent souvent avec tendresse de la ferveur des croyants, de la convivialité de l'aïd. C'est vrai, comment ne pas être gagné par la joie collective lors de la rupture de jeûne ? Comment ne pas éprouver de tendresse tout simplement au contact de l'autre, et sentir le lien d'humanité qui nous unit malgré les différences de culture ? Comment réagiraient-ils d'ailleurs en apprenant que ces musulmans auxquels ils veulent tellement montrer leur amour apprennent, eux, qu'ils ne doivent ni faire confiance ni se lier d'amitié sincère avec des non-musulmans ? Mais passons.

Comment ne pas éprouver de joie à enfin rencontrer ces gens dont on a tant entendu parler, et qui plus est souvent en mal : c'est l'occasion de leur montrer que non, on est pas tous pareils. Nous, on les méprisera pas comme les colons. D'ailleurs, on comprend tout à fait qu'ils soient fâchés contre nous. On les respectera, on sera à l'écoute de leurs traditions et de leur valeurs. Et puis, ils ne font aucun mal en se prosternant cinq fois par jour, ou en mettant un voile qu'on sache. C'est vrai quoi, en quoi ça vous dérange ?! De plus, diront-ils, la religion c'est un lien social, et un garde-fou pour beaucoup. Non, vraiment, ils ont du mérite de prier dans des conditions parfois difficiles.

Un sentiment de culpabilité post-coloniale éternel ?

Est-ce parce que les humanistes sont conscients de leur complexe de supériorité qu'ils se sentent obligés d'avoir un opprimé à défendre pour sauver leur conscience ? Est-ce parce qu'ils ont honte encore aujourd'hui du colonialisme, de l'esclavage et du décret Crémieux qu'ils se sentent obligés de rouler pour les musulmans ? Toujours est-il que, même selon certains observateurs de culture musulmane, les musulmans bénéficient notamment en France d'une bienveillance et d'une tolérance hors normes par "relativisme culturel [et] culpabilité post-coloniale"

Edwy Plenel, engagé dans un processus de réparation envers l'ex colonisé ?Edwy Plenel, engagé dans un processus de réparation envers l'ex colonisé ?

Edwy Plenel, engagé dans un processus de réparation envers l'ex colonisé ?

La confusion entre islam et musulmans

Ce que les défenseurs des musulmans ne prennent pas en compte, c'est que, ce qu'ils perçoivent de l'islam, c'est sa surface émergée : le rite, et les hommes qui le pratiquent. C'est de cette façon que des non-musulmans n'ayant jamais lu le coran défendent les musulmans, entretenant de fait la confusion entre l'islam, une religion (voire davantage, selon certains musulmanset les musulmans, des personnes. 

Une religion est un rite, un dogme, un ensemble de codes figé. Ceux qui la pratiquent sont des êtres humains, capables de changement et d'évolution. Les allemands ont adhéré au nazisme, les russes ont adhéré au communisme. Ils ne viendrait à l'esprit de personne de dire que les allemands sont nazis par nature parce qu'ils y ont adhéré, l'ont défendu, se sont battus pour lui. L'humanisme consiste à condamner les idéologies et non les personnes qui les suivent, leur donnant ainsi une chance de trouver une autre façon d'exister, un autre sens à leur vie. 

Une religion ne peut pas changer, un homme oui

Une idéologie, une religion, une pensée ne change jamais, ce sont les hommes qui changent et se tournent vers d'autres "idoles". Ce sont les hommes qui se dirigent vers d'autres croyances, d'autres rituels, d'autres valeurs, certes inspirés de ceux qui les ont précédés, mais souvent débarrassés de ce qui a causé leur désuétude. Chaque nouvelle idéologie ou croyance qui rencontre le succès répond à un besoin non assouvi par celle qui la précède. Chaque nouvelle religion ou philosophie prétend palier les insuffisances de celle qu'elle remplace. Les idéologies et les croyances sont des éco-systèmes en soi. On peut les remplacer. Ce sont les totalitarismes qui, pour éliminer les voix discordantes, éliminent des hommes.

Ce partisan de l'Etat Islamique a le bourdon : tous ces musulmans qui se désavouent de Daesh, c'est pas sympa

Ce partisan de l'Etat Islamique a le bourdon : tous ces musulmans qui se désavouent de Daesh, c'est pas sympa

Le rituel, ce n'est pas le dogme

En islam, il est question de "réciter" plus que de comprendre et d'approfondir. Il est demandé d'obéir et non de réfléchir au pourquoi du comment. C'est comme ça, c'est allah et son prophète qui l'ont décidé.

Il se peut que vous détestiez quelque chose alors que c’est un bien pour vous. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est néfaste. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas.

coran, sourate 2:216

De la même façon, la majorité des musulmans applique les règles de base de l'islam parce que c'est comme ça, parce qu'ils ont été éduqués ainsi, parce qu'ils ont vu leurs parents le faire, parce que tout le quartier ou presque vit à ce rythme et célèbre les mêmes fêtes au même moment : c'est d'ailleurs cette logique que le Premier Ministre entend briser en favorisant la "mixité sociale".

Refus absolu de la modernité, interdiction de se lier avec un non-musulman sauf pour l'inviter à l'islam, phrase-type à dire à tel moment, dans telles circonstances, à telle personne, interdiction de l'alcool, interdiction de fêter d'autres fêtes que celles musulmanes, interdiction de la chicha, de la musique... De nombreux musulmans ne prennent pas en compte une bonne partie des prescriptions du coran, et d'autres en remettent même certaines en question parce qu'ils pensent sincèrement que l'islam aussi doit pouvoir évoluer avec son temps. 

Aller à la mosquée le vendredi avec son père ou rompre le jeûne en famille pendant le Ramadan restent cependant des moments importants pour ceux qui croient qu'on peut parfaitement vivre son islam et être bien dans son époqueIl existe des musulmans qui, bien qu'attachés à l'islam, commencent sans le savoir à en critiquer le dogme.

L'aïd : une fête familiale et convivialeL'aïd : une fête familiale et convivialeL'aïd : une fête familiale et conviviale

L'aïd : une fête familiale et conviviale

Cet internaute me rassure : les musulmans ne prennent PAS en compte les sourates post-Hégire, sinon le sang coulerait à flots en Europe. On a eu chaud!

Cet internaute me rassure : les musulmans ne prennent PAS en compte les sourates post-Hégire, sinon le sang coulerait à flots en Europe. On a eu chaud!

Pourquoi les musulmans ne feraient-ils pas preuve de bon sens, eux aussi ? Oui, mais c'est justement parce qu'ils prennent leurs distances avec la religion et parce qu'ils trouvent parfois les prises de position de leurs parents discutables qu'ils éprouvent un sentiment de culpabilité et ainsi le besoin de montrer leur loyauté autrement.

Adoption des codes occidentaux et besoin de loyauté envers la famille

C'est justement parce qu'ils sont de plus en plus nombreux à adopter un style de vie similaire aux occidentaux, à trouver des valeurs de leurs parents ringardes ou dépassées que les descendants d'immigrés ressentent le besoin de prouver leur loyauté autrement. C'est justement leur mauvaise conscience qui les oblige à défendre l'islam et à s'en faire les meilleurs agents.

Toujours selon ce blog musulman, qui condamne le terrorisme, donc qui n'est pas "extrémiste" ou "jihadiste" : 

Parmi les conditions pour que ce voyage [vers un pays mécréant] soit licite, il y a que le musulman manifeste son appartenance religieuse et soit fier de son Islam, tout en s’éloignant des lieux où le mal prévaut et en étant sur ses gardes concernant les perfidies et ruses des ennemis.
De même, il est permis – voire même obligatoire – de voyager vers leurs pays dans un but d’appel vers Allah et de diffusion de l’Islam.

La Science Légiférée

Selon le coran donc, un musulman doit toujours tout mettre à profit de l'islam, surtout lorsqu'il vit dans un pays "de mécréance". Donc, s'il n'observe pas vraiment les règles islamiques, le musulman peut toujours se rattraper en se posant en défenseur infatigable de l'islam et de ses correligionnaires, même si, à titre personnel, il les désapprouve : cela lui permet de se racheter une conscience et lui donne le sentiment d'oeuvrer malgré tout pour la "oumma", la communauté des musulmans. En islam, chacun son rôle .

Libéralisation des moeurs, besoin de repères et besoin de rédemption

Aussi :

  • Ce n'est pas parce qu'on est musulman qu'on est spécialiste de l'islam ou historien des religions,
  • On peut supposer sans trop se tromper que l'écrasante majorité des musulmans n'est pas docteur en théologie et n'a pas rédigé de thèse sur l'islam,
  • Il y a fort à parier que beaucoup de musulmans ne s'astreignent pas à une étude régulière et approfondie du coran,
  • De plus, un discours d'ouverture ne veut pas dire remise en question de l'islam,
  • Une déclaration d'amour à la République Française ne veut pas dire désaveu de l'islam,
  • L'amour de la France ne veut pas dire que, si l'occasion se présente, un individu ne préferera pas la loi islamique aux valeurs de la République, pensant d'ailleurs que ce sera un bien pour la France de s'inspirer de l'islam, un "plus",
  • L'amour de la France n'éclipse et ne réduit en rien l'amour pour la oumma,
  • Le goût pour la modernité et la réforme n'empêchent pas le devoir de loyauté envers la oumma,
  • L'adoption des codes occidentaux ne vaut pas reniement de la religion des parents,
  • Le lien affectif, familial qu'ont les musulmans avec l'islam n'a rien à voir avec la nature du dogme,
  • Le besoin de repères grandit avec la remise en question de l'éducation donnée par les parents,
  • Le besoin de rédemption grandit avec un mode de vie libéral, occidental,
  • Le besoin de marqueurs identitaires est également proportionnel à la libéralisation des moeurs.

L'élévation sociale mal digérée de la "beurgeoisie" et son besoin de militantisme

Un exemple type de cette perte de repère et de ce besoin de rédemption ? Le parcours symptomatique de Marwan Muhammad, qui a été pendant 5 ans le porte-parole du CCIF, un organisme qui comptabilise le refus du niqab dans les institutions comme un "acte islamophobe" alors que c'est la loi en France. En témoigne son expression "la réussite n'est qu'illusion" : elle traduit bien ce trouble face une élévation sociale trop rapide et mal "digérée". Le militantisme en faveur de l'islam tient lieu ici de repère stable et de bonne conscience vis-à-vis de ses "origines", qui prennent visiblement beaucoup de place dans son existence. 

Tout ceci illustre dans quel dilemne se trouvent certains actuellement, attachés à l'islam d'un point de vue affectif mais en désaccord avec son fond idéologique. Dire qu'il faut "défendre" les musulmans ne rend pas service à ces derniers. Il va de soi qu'il ne s'agit ni d'insulter ni de vexer les personnes de culture musulmane, mais vouloir museler toute critique de l'islam sous couvert d'antiracisme n'aide pas à l'éveil des consciences, si douloureux pour certains. Ils sont peut-être plus nombreux qu'on ne le croit qui ne demandent qu'à s'émanciper de ce devoir de militantisme au nom de l'islam, mais qui ne sont pas encore prêts à abandonner l'islam et qui seraient blessés par une critique vexatoire et méprisante de la religion, encore pratiquée par leur parents, leurs amis. 

Le rituel : envahir l'esprit avec les formalités pour éviter qu'il ne s'interroge sur le fond ?

Il convient d'ajouter que les ancêtres des musulmans pendant la "jahiliya", la période pré-islamique, se rendaient déjà à la Mecque pour effectuer le pélerinage et tourner autour de la Ka'aba, qui existait déjà à l'époque. Les musulmans d'aujourd'hui ne le savent pas, mais le "hajj" et la dévotion à la Pierre Noire sont en fait récupérés de rites païens pré-islamique. Bien sûr, si vous discutez avec un musulman, il contestera avec vigueur l'idée qu'il se prosterne cinq fois par jour en direction d'une idole évoquant la fécondité, et qu'il existe un lien logique avec la symbolique de la lune, le calendrier lunaire ainsi qu'une grande fête le 9ème mois de ce calendrier lunaire, en l'occurrence, le Ramadan. Si ces pratiques ont été maintenues, c'est parce qu'il y a une raison : maintenir l'adhésion, occuper, noyer les individus dans le rituel -la forme- pour qu'ils n'aient pas le loisir de s'interroger sur le dogme - le fond-.

Il y avait à l'origine 360 idoles dans la ka'aba. mahomet les a toutes brisées, sauf la pierre noire.

Il y avait à l'origine 360 idoles dans la ka'aba. mahomet les a toutes brisées, sauf la pierre noire.

Heureusement, l'éveil de la conscience suit son chemin et les plus téméraires, eux, se retrouvent déjà dans les clubs d'ex musulmans, parfois au péril de leur vie.

Waleed Al-Husseini, ex prisonnier "religieux" en Cisjordanie car trop critique envers l'islam sur son blog. Pourquoi le monde arabe ne pourrait-il pas exister indépendamment de l'islam - et des valeurs occidentales ?Waleed Al-Husseini, ex prisonnier "religieux" en Cisjordanie car trop critique envers l'islam sur son blog. Pourquoi le monde arabe ne pourrait-il pas exister indépendamment de l'islam - et des valeurs occidentales ?

Waleed Al-Husseini, ex prisonnier "religieux" en Cisjordanie car trop critique envers l'islam sur son blog. Pourquoi le monde arabe ne pourrait-il pas exister indépendamment de l'islam - et des valeurs occidentales ?

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